Le corsaire de Brouage

Jack le corsaire

Le corsaire de Brouage, contrairement à son père Sam, Jack ne porte pas le tricorne mais un grand bandana. Un bandana rayé blanc et noir qui lui entoure la tête et qui se termine par un catogan. Assis sur le coffre qui cache son butin, sa pétoire dans la main droite il surveille la place. A l’ombre des arbres il promène son air canaille et son regard fulgurant. Un visage halé et buriné par les airs marins, un corps couvert de cicatrices attestent des combats menés lors de sa carrière navale. C’est ce personnage iconoclaste qui avala pendant des années les vagues impétueuses des océans de notre planète qui a élu domicile dans cette place forte. Proche de la population, mais discret, il garde une oreille attentive aux mouvements. Un léger sourire tout en écoutant les feuilles qui sifflent au gré du souffle de la bise. Assis sur le banc proche je lâche un soupir de réconfort, un petit moment de repos après la visite du fort.

La voix de Jack

Une voix lointaine et douce coupe ce calme « pauvre moussaillon ». Rien autour de moi, place vide, puis des ordres plus forts « hisser ho », ensuite  « monte au nid de pie », et aussi tire sur la « ride ». Le corps de bois craque, pas de mouvement, mais des lèvres semblent bouger. Certainement des illusions passagères. Peut-être animations accentuées par des rayons du soleil qui jouent dans les branches des arbres. Mais j’écoute tout en reconnaissant qu’une statue de bois ne pouvait point parler.

La légende de Jack

Jack me conta cette légende. Il fut un temps où le Brouage était une ile au milieu du golfe des Saintonge, un village au joli nom de Jacopolis. Un bourg avec un port comme activité principale le commerce du sel. Tout d’abord il faut dire que je suis moussaillon sur l’Acadie un galion à voiles de cinq mâts. Un navire qui traverse l’océan  pour les terres nouvelles, un long voyage. En 1660 de retour au port nous tombons dans un traquenard. Des brigands, de la fripouille de grands chemins nous abordent à l’entrée du golfe. Je dois jeter dans la Broue bleutée mon baume de Gléa magique, puis une belle pièce de bois exotique. Ensuite un être venu d’un pays imaginaire, une créature fantastique et aquatique sortie des eaux. Une jument invincible et immortelle à la belle crinière, une pouliche rapide capable de galoper sur l’eau tel un cheval ondin. Et dans ce petit bras de mer le bois de Gléa magique rencontra la créature mythique. Ainsi  dans cet eau saline naquit le plus beau des chevaux de bois qui séduira tous les enfants.

Bascule en avant, bascule en arrière, laissez vous bercer par le mouvement lent des marées, tout en survolant les vagues de l’océan, un rêve pour les enfants d’enfourcher cette monture fantastique. Se laisser balancer dans une utopie de manga.

Vide-grenier d’Espeluche dans la Drome septembre 2017

 

 

 

 

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